Premières lignes de contes, de romans ou de récits,
pour faire entendre la voix de Limbour, et susciter le désir d'ouvrir les livres...

"L'homme, vêtu d'un pantalon de toile colorée et d'un chandail décolleté jusqu'à la naissance des épaules, sort d'une épaisse forêt de pins, et le voilà soulevé au sommet d'une grande vague de sable et de lumière, hérissée d'herbes rêches et de chardons, mais devant le bleu de la mer, tout crépitant d'étincelles, il s'immobilise dans l'extase.
Il n'y eut jamais plus beau matin de fête."

"Domino, projet de ballet", 1949, dans Contes et récits, Gallimard, 1973.)

 

"Je veux aller voir ma géante , et m'enfermer avec elle dans une serre bien chaude."
"La Géante et les débris", 1955 dans Contes et récits, Gallimard, 1973. 

 

"Je vous écris de cette auberge haut perchée, auberge, d'ailleurs, c'est beaucoup dire ; c'est un petit café proche d'un hameau, au seuil d'une haute vallée, et où j'ai pensé que le recueillement serait profond, car il est à la limite et même un peu au-delà, des terres habitables, comme déjà séparé du monde, et donc ainsi plus proche du vôtre."
"Le Chien blanc
", 1953, dans Soleils bas, Gallimard, 1972.

 

"Un après-midi - faisait-il chaud? Oui, je ruisselais - j'étais monté à la base de la falaise qui fut jadis un cimetière, maintenant forteresse taraudée des hyènes amaigries. Le soleil tapait sur le mur et j'avais hâte de me mettre à l'abri dans une de ces caves sèches."
"Le scribe", dans Le Carnaval et les Civilisés, L'Elocoquent, 1986

"Pauvre étudiant de Salamanque, j'ai laissé pour un mois d'été ma vieille université grâce à un prix, assez chiche, reçu pour un poème savant à l'imitation de nos anciens poètes d'or, et je suis venu dans le Levant, au pays des orangers et des palmes, voir l'immobile Méditerranée."
La Chasse au mérou, Gallimard, 1963.


"Parmi les orchidées, il en est une qui, depuis plus d'un demi-siècle, est cultivée par l'homme dans beaucoup de pays tropicaux. C'est la vanille, cette orchidée dont le fruit exhale un des parfums les plus suaves."
Les Vanilliers, Gallimard, 1938.


"Herodstar était acteur au Dream's Theatre de Londres, une très pauvre scène où les plus grands chefs d’œuvre du monde ont été donnés, mais où il y eut peu de gens à le constater. Il vivait avec Paméla qui était plutôt sa compagne que sa maîtresse, et ils allaient avec des habits déchirés à toutes les pointes des monuments, aux suprêmes détours de l'histoire".
L' Acteur du Lancashire ou l'illustre cheval blanc, Gallimard, 1930.


"Sur le balcon de Baltimore, à l'angle de la maison européenne, il regardait passer le Gulf Stream comme la traînée bleutée d'une reine polaire. Par-delà la croisée ouverte derrière lui, l'Europe l'invitait par les vingt-trois foyers de ses capitales."
"L'enfant polaire", 1921, dans Soleils bas, Gallimard, 1972