De loin ou de près? D'un surréaliste, l'autre ou les autres: Paul PAON ZAHARIA, La Rose parallèle

C'est entre 1953 et 1972 que Paul Paon (1915-1994) a écrit La Rose parallèle, livre paru récemment chez Edinter, Rafael de Surtis, à Cordes-sur Ciel. Le poète a fait partie du groupe surréaliste de Bucarest (1945-1947) avant de parvenir à quitter la Roumanie pour Israël, en 1961.

Entamé dans l'isolement après le départ de ses amis Gherasim Luca et Trost,  ce livre testament est la trace d'une quête désirante de la "vie réelle", impressionnante par sa force et sa cohérence. Mais de quelle "vie réelle" s'agit-il? La définition qu'en donne Paul Paon aurait pu, me semble-t-il, être appréciée par le peintre André Masson, ami de Limbour:

"La vie réelle c'est le ciel étoilé, c'est le ciel noir, surpeuplé d'astres, de nuages, du délire des forces, du poids écrasant en haut de l'innombrable, c'est aussi le grouillement des grands courants d'eau sous-marine et les kilométriques animaux d'air pur enfermés dans les pierres de la terre, et aussi les contours très exacts des taches faites par les forêts stagnantes qui sont aussi des bêtes, mais végétales et endormies. La vie réelle c'est l'haleine ardente qui dévore les forêts, les serpents, les pierres et les astres."(p.32)