« Le Dernier Voyage de Soutine », de Ralph Dutli

C'est la rentrée. Cette semaine, Le monde des livres a sélectionné 4 livres de la rentrée littéraire, dont le roman de R .Dutli, paru aux éditions Le Bruit du temps, Le Dernier voyage de Soutine.

"Le roman de cette existence tourmentée, écrit dans un style qui parvient à donner un équivalent de la fièvre qui anime les coups de pinceau du peintre, nous parle avec force de l’enfance et de l’exil, de la maladie et la douleur, de l’impuissance des mots et du pouvoir bouleversant de la couleur et de l’image" (sur le site du Bruit du temps).

Dès 1944, dans la revue qu'il dirige, Le Spectateur des arts, le critique Georges Limbour évoque le peintre Chaïm Soutine (1893-1943). Plus tard, en 1946, on peut lire, dans le journal Paysage, un article au titre étrange, "L'expressionnisme, art instinctif, va-t-il vers la frivolité" (n°36, 14 février 1946, Spectateur des arts, p.221). Dans cet article André Lacombe, alias Georges Limbour, se fonde sur la peinture de Soutine pour donner sa définition de l'expressionnisme:

"La galerie du Bac a également rangé Soutine parmi les expressionnistes. Je ne suis pas d’accord avec elle et trouve qu’il y a ici un abus de langage. Soutine est assurément un peintre totalement subjectif, qui a exprimé, par des déformations parfois voisines de celles du délire, sa vision passionnée et tourmentée de l’univers. Il nous a laissé les images bouleversées des choses en lui-même. Qui ne serait sensible à l’immense différence qu’il y a entre lui et les peintres belges ? Qui est expressif n’est pas obligatoirement expressionniste, et si l’on joue ainsi sur le terme et l’on élargit à ce point les cadres de ce mouvement, il faudrait y faire entrer plusieurs autres peintres et en particulier Van Gogh".