Georges Limbour, l'aventure critique

C'est le titre du livre de Françoise NICOL, qui vient de paraître aux Presses universitaires de Rennes. Cet essai étudie les écrits sur l'art de Georges Limbour, en adoptant à la fois le point de vue du littéraire et  de l'historien d'art. On peut lire à plusieurs vitesses ce gros volume:  comprendre comment s'est formé Georges Limbour à la peinture, saisir ce qu'il appelle "entrer dans les tableaux", circuler entre réel et imaginaire à sa suite. On peut juste lire les "Echos" limbouriens qui le rythment. On peut explorer la bibliographie de l'ensemble de son œuvre.

Préface de Bernard VOUILLOUX.

Ici le bon de commande. Et là, cliquez sur l'onglet "Documents" pour accéder à son introduction, à la table des matières ou à la 4e de couverture.

Un magnifique dessin de Masson en orne la couverture, grâce à la générosité de la famille Masson.

Lucien COUTAUD, ami de Limbour

Après-guerre... Limbour rechigne à soutenir les peintres surréalistes. Masson, Magritte, Ernst sont à l'étranger. De "petits maîtres" tiennent le haut du pavé. La rupture avec Breton est toujours douloureuse. Mais il y a Lucien Coutaud, pourtant, dissocié des surréalistes dans les chroniques de Limbour, toujours élogieuses. Une exposition le célèbre cet été dans le Tarn, à Gaillac.

Le dossier de presse de l'exposition est ici!

Les frères Giacometti

"D'abord, un homme qui marche ; véritablement, il marche et il faut lui laisser passage", écrit Limbour d'Alberto. Le 4 juin 2014, à la galerie Jean-François CAZEAU (8 rue Sainte-Anastase - 75003 PARIS), soirée lecture. 

Au programme: "Alberto et Diego Giacometti, deux poètes-sculpteurs". Poèmes et prose de Michel Leiris, Jean Genet, James Lord, Georges Limbour, James Lord, Michel Butor, Diego et Alberto Giacometti seront lus par Sonia Masson et Charlie Nelson.

L'éclaireuse

L'éclaireuse, partie la première, c'est Jacqueline Chénieux-Gendron, directrice de recherche au CNRS et spécialiste du surréalisme.

Deux titres depuis longtemps disparus des librairies paraissent enfin, aujourd'hui même, chez Honoré Champion. Belle mise en page et coût modique ! J. Chénieux-Gendron ne s'est pas contentée de faire reparaître ces deux sommes indispensables aux amateurs du surrréalisme : elle a tout réécrit , a apporté des précisions et surtout réorienté sa réflexion. 

Le premier, Inventer le réel: le surréalisme et le roman, présente la première étude sur Georges Limbour, le "monnayeur d'absolu", dit-elle. Ce sont ces pages qui ont ouvert la voie à la recherche sur le poète.

On trouvera ICI le communiqué de presse commun aux deux essais.

On trouvera ICI le communiqué de presse commun aux deux essais.

Recherche musicologue averti...

... pour me dire quels liens se sont tissés entre Georges Limbour et René Leibowitz, défenseur du langage dodécaphonique. Une collaboration qui a duré des années, à partir de 1949, des opéras, des poèmes mis en musique, des œuvres dédiées au poète.  En voilà deux, se dit-on, qui semblent s'être bien entendus ... En lisant cette déclaration du musicien, j'ai peut-être entrevu une piste: "le musicien engagé est celui qui,  bravant l'ordre établi sur le plan musical, brave par là même l'ordre établi sur le plan social et collabore ainsi à une société de liberté".

C'est de l'eau, voilà tout!

"Limbour: une écriture intéressante, imagée, vive et parfois paradoxale. Une narration, comment dire ?, entrecoupée de descriptions et de sauts impulsifs dans sa pensée.
Une écriture de poète qui se plaît à la correspondance : le lecteur est un interlocuteur, un peu intime , à qui Limbour a envie de témoigner de sa compréhension, et de proposer des incursions dans ses ressentis à lui. Un changement d'interlocuteur ( l'autre /lui ) dû à une pensée riche, vive et une sensibilité exceptionnelle.
Un flot qui nous emporte avec lui , y compris dans ses ressacs ou ses petites maladresses. C'est de l'eau , voilà tout!"

Ces mots d'une lectrice, Béatrice, épousent la ligne sinueuse de l'écriture limbourienne. Merci!

Garance

Garance: "Plante (Rubiacées) grimpante et vivace, ayant pour variété principale la garance tinctoriale, dont la racine fournit une matière colorante rouge", propose le TILF... Rouge vif. Teinture des fameux pantalons de l'armée française. Ce rouge là a-t-il plu à Limbour? Les peintres "garancent-ils"? C'est en tout cas un des nombreux pseudonymes du poète,  un double fictif d' "Antimoine Chevalet", le nom qui me réjouit le plus! Jeu d'identités, échanges de rôles, masques, si nombreux dans les contes et les récits de Limbour comme dans les écrits sur l'art.

JOB

Job, c'est le surnom que ses amis avaient donné à Georges Limbour, dans l'atelier de Masson, au 45 rue Blomet, dès 1922. Dans le livre de Jean Piel, La Rencontre et la Différence, Fayard, 1982, c'est le premier ami auquel hommage est rendu, non un hommage compassé mais quelques souvenirs, quelques images, témoignant d'une grande tendresse. A propos de Job, mort, en nageant, à Chiclana de la Frontera, une belle journée de mai, en 1970 : "Même comportement de l'homme et de l'écrivain: une volonté sans cesse retrouvée de reprendre le précieux souffle, comme le nageur qui, la tête couchée sous l'eau, sort rythmiquement le coin tordu de sa bouche pour aspirer avidement une large bolée d'air, interrompant à peine la coulée de son élan (p. 59)".

Même mot, "la coulée", sous la plume de Michel Leiris, à propos de l'écriture de Job.

une pluie tomba sur son visage et sur ses mains

Un matin de fin d'hiver,  Elsa, personnage du Bridge de Mme Lyane,  s'approche de L' Arbre :  "Elle y toucha, tira une branche, une pluie tomba sur son visage et sur ses mains.  C'était une fontaine intarissable et fraîche, et, quand les gouttes finissaient de buire sur la boue, elle entendait glisser contre les pierres, par-delà la voie du tramway et le parapet du quai, la lourde masse du fleuve". (Le Bridge de Mme Lyane, ch. 2).

Maryan

En ce moment, au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme de Paris, l'exposition MARYAN (1927-1977), La ménagerie humaine. Une œuvre éclairée, ce soir, par Gérard Vajcman, sur France-culture (Le Rendez-Vous). En août 1958, Limbour va voir une exposition des peintures de MARYAN à la Galerie de France  (Art international, p. 963 du Spectateur des arts). Paradoxalement, l'article témoigne à la fois de la curiosité du critique qui s'intéresse à un artiste sans doute assez peu connu alors, et de sa difficulté à entrer dans une œuvre  "où couvent par endroit des feux sourds" et dont, écrit-il, "nous pénétrons mal le secret".